Les toponymes d’Archail révèlent des boisements disparus de longue date : des lieux-dits comme La Forêt, Les Blaches (chênes blancs), La Fayolle (hêtres), Les Cougnes (coupe de bois), Banastier (vannerie), ou encore Fournière (four à chaux) témoignent d’un paysage arboré aujourd’hui inexistant. Seuls sept endroits montrent encore une adéquation entre le nom et une végétation réelle en 1829.

L’histoire des hommes et de la forêt à Archail est intimement liée. Aux périodes de forte démographie (1315, 1540, 1860) correspondent les phases de déforestation les plus intenses — pour les cultures, les pâturages ovins, le chauffage. Au XVIIème siècle, les inventaires pour la Marine royale ne trouvent à Archail que des chênes et des hêtres de « nulle valeur ». Au XVIIIème siècle, la commune n’a pratiquement plus de forêt digne de ce nom.

Le reboisement de la fin du XIXème siècle constitue le grand tournant. À partir de 1887, les travaux de la Restauration des Terrains en Montagne (RTM) transforment le territoire : plantations de pins noirs, sylvestres, mélèzes et pins à crochets, construction de barrages en pierres sèches pour contenir les torrents ravageurs (notamment le Vabre). Une pépinière est créée en bordure du Vabre dès les années 1870-1890. Archail atteint 40 % de reboisement en 1942, contre 5,5 % de moyenne départementale.

Les gardes forestiers logés à la Maison Blanche (ancienne ferme de la Bâtie Neuve) ont assuré la surveillance de ces forêts de la fin du XIXème siècle jusqu’aux années 1930. Des bûcherons italiens, fuyant la misère et le fascisme, ont ensuite pris le relais à partir du deuxième tiers du XXème siècle.

Aujourd’hui, l’exode rural et l’abandon des terres agricoles ont permis un reboisement spontané qui, combiné aux plantations de la RTM, a profondément transformé le paysage. La forêt d’Archail est maintenant pour partie propriété de l’ONF (forêts domaniales), qui programme parfois quelques coupes de bois. Un autre lot est possession de la commune (forêts publiques non domaniales), dont une partie est gérée par l’ONF via un plan d’aménagement forestier établi en accord avec la commune. A ce jour, la forêt domaniale couvre 100 ha sur la commune et la forêt communale en gestion ONF 230 ha. Le reste appartient à de propriétaires privés.

Pour la municipalté, la forêt est un patrimoine à préserver, tout d’abord pour la beauté du site, mais aussi parce qu’elle abrite une biodiversité riche et indispensable au bon équilibre de la nature. Et elle fait toujours le régal des randonneurs, chasseurs et amateurs de champignons !