Au 19eme siècle, la forêt, surexploitée, avait quasiment disparu du paysage des Alpes du Sud. En 1860 et 1882, des lois ont été édictées pour permettre le reboisement et assurer la restauration et la conservation des terrains en montagne. Des services spécieux, les RTM, ont été créés dans les départements. L’objectif était d’empêcher l’érosion en limitant les dégâts causés par les torrents, par un peuplement forestier en amont, parfois combiné à un engazonnement pour lutter contre le ruissellement sur les pentes dénudées. Ce travail fut souvent associé à des barrages et seuils en pierres sèches dans le fond des ravins pour maintenir leurs berges, diminuer la pente des talwegs et ralentir la vitesse d’écoulement des eaux, et pour que les sédiments charriés se déposent sur place et non en plaine.

Pour fournir des graines permettant le reboisement, des « pépinières » furent construites, aussi appelées « bandes volantes » : bandes pour zones où étaient semées les graines des futurs arbres ; et volantes car au plus près des plantations.

La pépinière d’Archail, en bordure du Vabre dans sa partie supérieure, a été l’une des premières des Alpes-de-Haute-Provence, dans les années 1870-1890.

Il reste, un siècle plus tard, des arbres laissés sur place au départ des hommes, avec un abri en pierres (abri sommaire appuyé contre un gros rocher) et des bacs en pierres qui devaient servir probablement comme réservoir d’eau. Des épicéas, des pins à crochets, des pins noir, des pins d’Autriche et des mélèzes actuels témoignent aujourd’hui de cette intervention.

A noter qu’Archail a largement bénéficié de cette politique de reboisement, puisqu ‘en 1964 le taux de reboisement était de 40 % sur la commune pour une moyenne de seulement 5,5 % pour le département.