
Le village s’inscrit dans un bassin versant fermé, entre 750 et 1989 m d’altitude, caractérisé par des sols pauvres, un régime torrentiel et un isolement marqué. Les premières traces humaines remontent au Néolithique final : quelques outils en pierre et céramiques suggèrent une présence pastorale saisonnière. À la Protohistoire et à l’Antiquité romaine, des fragments de tuiles, céramiques et monnaies attestent une occupation aux abords du lieu-dit La Tour et du plateau de Notre-Dame, dans l’orbite de la cité de Dinia (Digne).
Au IXème siècle carolingien, le territoire fait partie d’un vaste domaine agro-pastoral, l’Ager Galadius, appartenant aux moines de Saint-Victor de Marseille. Le Polyptique de Wadalde (814) y mentionne une bergerie (vercaria) nommée Argario, gérée par un certain Joannes — premier habitant d’Archail identifié par son nom.
Au Moyen Âge, un castrum nommé Argal est attesté dès 1193, situé sur le plateau de Notre-Dame. Il est cédé au Chapitre cathédral de Digne, qui en reste seigneur jusqu’à la Révolution. Une bastida (établissement de conquête) existait également en périphérie du territoire.
Le village actuel émerge aux XVIIème–XVIIIème siècles, après l’abandon progressif du castrum médiéval. La vie y est rude : agriculture limitée, isolement hivernal, épidémies (dont la peste de 1629), démographie fragile. En 1728, le village ne compte plus que 15 maisons habitées.
Du XIXème siècle à nos jours, Archail connaît des événements marquants : lois hygiénistes, construction d’une école (antérieure à Jules Ferry), adduction d’eau (1910), création de la place du village (1951), immigration italienne importante au XXème siècle, lourds tributs payés lors des deux guerres mondiales.
L’histoire religieuse retrace le passage d’une chapelle médiévale en hauteur (Notre-Dame de l’Assomption) à une église dans le village (XVIIème s., paroisse Saint-Georges), puis à la construction d’un nouvel édifice en 1829–1830, toujours debout aujourd’hui. Le cimetière, lui, n’a jamais changé de place, comme un fil conducteur à travers tous ces siècles.