

La roche qui compose les terres noires résulte d’un dépôt de sédiments marins argilo-calcaires appelés marnes. L’érosion de ces marnes porte le nom de robines (ravines). Leur couleur sombre résulte de la présence de sulfure de fer.
La partie montagneuse des environs de Digne est surtout formée de calcaires et d’argiles (marnes, schiste argileux). La majeure partie du sol provençal résulte de roches sédimentaires, c’est à dire disposées en couches (calcaire, argile, marne, grès, cailloux roulés.)
Les montagnes environnantes de Digne sont constituées par des bancs calcaires superposés, horizontaux ou inclinés, dont la coloration, plus souvent grisâtre, devient souvent rouge ou brune, en raison du sulfure de fer qu’il renferme. Ces bancs calcaires constituent des escarpements et peuvent atteindre plusieurs centaines de mètre d’épaisseur. Entre les bancs de calcaire existe souvent une roche qui, sous l’action de la pluie, se ramollit et forme une pâte. Cette roche est appelée argile. Toutes les roches qui possèdent les propriétés de l’argile sont dites roches argileuses. Elle sont très abondantes aux environs de Digne où elles présentent plusieurs variétés. Certaines sont formées de plusieurs feuillets superposés, ce sont les schistes argileux parmi lesquelles se placent les terres noires que l’on pourraient confondre avec du charbon.
La terre autrefois fluide, ne cesse de se refroidir et par suite de se contracter. Or la portion solide qui constitue l’écorce terrestre ne peut suivre la diminution de volume qu’en se plissant. La région des Alpes, comprise entre des portions résistantes et relativement stables, s’est trouvée comprimée comme entre les mâchoires d’un étau. Les pressions latérales ont plissé les terrains et les ont fait surgir en massifs montagneux.
Pendant l’ère secondaire, la Provence disparut sous les eaux. A cette époque ce sont déposées les masses puissantes de calcaire et de marne qui constituent la majeure partie du sol provençal et que l’ont retrouvent plissés dans les montagnes actuelles. Pendant la période triasique, la Provence soumise à un mouvement d’affaissement disparut lentement sous les eaux marines. Les premiers dépôts qui s’accumulèrent sur son sol furent des grès colorés en rouge par des produits d’altération. Puis la mer devenant plus profonde déposa d’épaisses couches de calcaire qui constituent l’ossature des Alpes de Provence. Enfin, se déposèrent les marnes irisées qui affleurent en un grand nombre de points des basses alpes et atteignent, dans les environs de Digne, jusqu’à 90 m d’épaisseur. Pendant la période jurassique, l’envahissement de notre région par les eaux marines fut complet, la mer recouvrait même à un moment les massifs anciens du pourtour. A la fin, la mer toujours profonde, déposa des schistes noirs, dits terres noires, d’épaisseur 1,400 m, qui sont aujourd’hui ravinées par des torrents.
Pendant la période crétacées, la haute montagne resta encore presque totalement enfouie sous les eaux marines, la mer étaient profonde.
Les fossiles sont extrêmement abondants dans les terrains de la Haute Provence. Les terrains secondaires fournissent les récoltes les plus abondantes. Les mollusques qui abondent particulièrement en Haute Provence sont les ammonites et les bélemnites, mollusques céphalopodes. Les ammonites sont facilement reconnaissables à leurs coquilles enroulées, ornées de côtes, de tubercules, de sillons. Leur taille peut atteindre communément celle d’une assiette. Les bélemnites, qui ressemblaient à nos actuelles seiches, n’ont laissé que leur rostre, sorte de cône allongé, ressemblant à un cigare et qui correspond à la pointe de l’os de seiche. Ces rostres que l’ont retrouvent abondamment dans les assises jurassiques, sont constitués par du carbonate de calcium cristallisé qui a remplacé la matière organique.
L’ère tertiaire a été d’une importance capitale pour la région provençale. Elle correspond au soulèvement des Alpes. Au cours de l’ère tertiaire, la Haute Provence a émergé. Les dépôts de cette époque, au lieu d’être uniquement marins comme ils l’avaient été jusqu’alors, devinrent lacustres et fluviatiles. La période néogène est la période durant laquelle s’est constituée la chaîne des alpes. Dès le début de la période, le sol s’affaissant dans la région de la Durance et l’affaissement se poursuivant, la mer fit éruption dans la dépression lacustre qui explique l’existence de coquilles d’huîtres et de nombreux oursins dans la molasse de la Bléone. Le soulèvement du sol fit reculer peu à peu cette mer vers le sud. En raison de l’abaissement du niveau de l’eau marine, les torrents se mirent à creuser leur lit plus profondément et accumulèrent dans le bassin de Digne des masses formidables de cailloux roulés qui constituent le plateau de Valensole. Ces mouvements du sol ont conduit à la formation des Alpes.
Source : La Haute-Provence, étude de Géographie Régionale, G. Eisenmenger et C. Cauvin, édité à Digne chez les auteurs et les principaux libraires, 1914.
La commune d’Archail fait partie du Geoparc de Provence (UNESCO)